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Faut-il un avocat pour lever des fonds ?

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Rien n’oblige légalement à recourir à un avocat pour lever des fonds, mais cela est vivement recommandé. La term sheet et le pacte d’associés engagent les fondateurs sur le long terme, et certaines clauses défavorables deviennent irréversibles une fois signées et peuvent vous pénaliser lors des tours de financement ultérieurs. L’avocat sécurise la documentation, négocie les points sensibles et rétablit l’équilibre face aux conseils des investisseurs afin que les intérêts des fondateurs et de la société soient préservés.

L’essentiel en trois points :

      • Aucune obligation légale, mais un vrai risque à négocier seul face à des investisseurs outillés.

      • Les clauses qui pèsent le plus comme la liquidation préférentielle, la gouvernance, et les clauses de sortie se négocient une seule fois, à l’entrée.

      • Le coût est souvent variable en fonction des montants levés.

    Est-ce obligatoire ?

    Non. Aucun texte n’impose la présence d’un avocat pour réaliser une augmentation de capital : sur le papier, des fondateurs peuvent mener leur levée seuls. En pratique toutefois cela est un peu différente. En face, les investisseurs, fonds, family offices, parfois même business angels aguerris sont presque toujours accompagnés par leurs propres conseils. Le fondateur non assisté négocie alors des clauses qu’il découvre, contre des interlocuteurs qui les rédigent à longueur d’année. Le déséquilibre n’est pas juridique, il est informationnel et c’est souvent le plus coûteux.

    Ce que l’avocat sécurise concrètement

    Son intervention porte sur quatre documents clés, chacun décidant d’enjeux qui vous suivront longtemps.

    Document Ce qui s’y joue Pourquoi cela compte
    Term sheet (lettre d’intention) Valorisation, préférences, grandes lignes de gouvernance Fixe le cadre de toute la négociation à venir
    Pacte d’associés Sortie, droits de véto, vesting, anti-dilution, bad leaver Régit la vie de la société pour des années
    Statuts modifiés Capital, catégories d’actions Document public, opposable aux tiers
    Bulletins de souscription Engagement chiffré de chaque investisseur Formalise juridiquement l’entrée au capital

    La term sheet, ce document « non engageant » qui engage

    Petite subtilité qui piège beaucoup de fondateurs : la term sheet est présentée comme non contraignante, à quelques exceptions près (exclusivité, confidentialité). Sauf que, dans les faits, elle fixe le cadre de la suite de la négociation et des clauses qui seront rédigées dans le pacte : valorisation, gouvernance, préférences. Y revenir après signature reste possible, mais autant tenter de renégocier le prix d’une maison une fois le compromis signé. L’avocat intervient donc avant la signature pour sécuriser les grands principes de l’opération dès le départ et éviter de revenir sur les accords intiaux.

    Le pacte d’associés : des clauses à effet durable

    C’est le cœur du réacteur. Préférence de liquidation, anti-dilution, droits de véto, clauses de sortie (drag-along, tag-along), vesting des fondateurs : autant de mécanismes qui, une fois actés, s’appliquent pendant des années. Une préférence de liquidation mal calibrée peut, le jour d’une revente, faire la différence entre un fondateur qui récolte le fruit de son travail et un fondateur qui repart quasiment les mains vides alors même que l’opération est, sur le papier, un succès.

    Combien cela coûte, et comment maîtriser ce budget ?

    Les honoraires varient selon la complexité du tour, le nombre d’investisseurs et le volume de négociation. Beaucoup de cabinets annoncent un forfait à l’avance, ce qui rend la dépense prévisible dès le départ. Le bon réflexe n’est pas de regarder le coût dans l’absolu, mais de le rapporter à deux choses : le montant que vous levez, et la durée des engagements que vous signez. Sécuriser un pacte qui vous liera cinq ans n’a pas le même poids qu’une dépense ponctuelle.

    Les erreurs fréquentes

        • Signer une term sheet « pour avancer », sans l’avoir fait relire par son conseil.

        • Confondre statuts (publics) et pacte (confidentiel), et loger les clauses au mauvais endroit.

        • Attendre le closing pour se pencher sur la gouvernance, quand tout est déjà arbitré.

        • Prendre le même conseil que l’investisseur « pour aller plus vite et faire des économies » : les intérêts ne sont pas alignés et les investisseurs imposeront leurs demandent sans difficulté.

      À quel moment impliquer un avocat dans une levée de fonds ?

      Idéalement dès la réception de la première term sheet, avant toute signature y compris d'un document présenté comme non engageant, qui cadre souvent toute la négociation à venir.

      Le même avocat peut-il conseiller les investisseurs et les fondateurs ?

      Même si cela peut être tentant pour "aller plus vite et faire des économies", il est préférable de recourir chacun à son propre consiel pour éviter les conflits d'intérêts et pouvoir mieux défendre les intérêts des fondateurs et de la start-up.

      Un tour avec un seul business angel change-t-il la donne ?

      Le besoin est allégé mais reste le même car un tour même simple fixe une valorisation et des droits qui vous suivront lors des tours suivants.

      Vous préparez une levée de fonds ? Échangeons sur votre projet.