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5 conseils avant d’aller pitcher des fonds d’investissement

Vérifiez votre éligibilité au « VC Game ».

Lever des fonds auprès de business angels et lever des fonds auprès de fonds d’investissement n’est en rien similaire. C’est un peu comme jouer la ligue 1 de football et jouer la Champions League. Seules les meilleures startups peuvent prétendre accéder au financement des Venture Capitalists (dits « VC ») et ceci est encore plus vrai depuis le retournement du marché de la Tech en 2022. 

Les fondateurs ont parfois la naïveté de croire que lever des fonds auprès de VC est la suite logique et automatique après une ou plusieurs levées de fonds en amorçage. Or, si avoir levé des fonds antérieurement est souvent un prérequis, le passage dans le VC Game n’est en rien automatique. Il suffit de regarder le faible nombre de Série A par an pour prendre conscience qu’il y a beaucoup d’appelés mais très peu d’élus.

Si vous ne remplissez pas les conditions minimales pour être éligibles à un investissement par des fonds d’investissement vous ne passerez pas au niveau suivant et serez contraint de trouver des modes de financement alternatifs (business angels, crowdfunding, prêts bancaires, Corporate, family offices, etc.) 

Gardez en tête que les VC recherchent en priorité des startups pouvant atteindre l’hyper croissance rapidement, évoluant sur un marché pouvant atteindre plusieurs milliards d’euros et « cherry on the cake » le dominer. Cela vous donne une idée des attentes et de la marche entre les tours de Seed et de Série A.

 

Soyez attentif(ve) au choix des VC que vous pitchez.

Beaucoup d’entrepreneurs commettent l’erreur de croire que tous les VC se ressemblent et qu’ils peuvent lever auprès de n’importe quel fonds d’investissement tant qu’ils lèvent de l’argent. Mais il existe autant de profils de VC que de fonds d’investissement sur la place.

Chaque VC a établi ce que l’on appelle dans le jargon « une thèse d’investissement », c.-à-d. une grille de critères de base lui permettant de caractériser si une startup entre ou non dans son spectre d’investissement (montant du chiffre d’affaires, montants levés, secteur d’activité, type de technologie développée, caractéristiques du marché, ticket minimal et maximal, zone géographique, etc.). Il est également pertinent de vérifier que le fonds visé n’a pas déjà investi chez un de vos concurrents directs car il est rare que les fonds soutiennent deux entreprises concurrentes.


Connaître la thèse des fonds d’investissement que vous visez est essentiel pour réussir votre levée. Les VC les exposent très fréquemment dans les évènements de l’écosystème où ils vont à la rencontre des startups (Vivatech, France Digital Day, France Digital Tour, etc.). Il n’est pas difficile de trouver leurs critères d’analyse qui sont parfois détaillés sur leurs sites ou sur des blogs ou sites spécifiques (Maddyness, Mighty 9, etc.). Il est également possible de le leur demander tout simplement.

Cela vous fera gagner un temps précieux et vous évitera de solliciter des VC qui n’auront aucun intérêt pour votre startup. Vous serez également beaucoup plus crédibles pour échanger avec eux si vous avez fait vos devoirs avant. 

Le choix des premiers VC va également influencer les tours suivant et la façon dont vous mettrez en œuvre votre stratégie. La stratégie de développement de votre startup peut changer du tout au tout suivant le VC que vous faites monter à votre capital. 

Les VC présents lors des premiers tours influenceront sur le choix des investisseurs qui entreront dans les tours suivants. Ils peuvent même parfois bloquer certains processus de vente ou de prise de participation si ceux-ci ne sont pas compatibles avec leurs intérêts.

De même, se renseigner en amont sur leur implication réelle dans les boards auprès d’autres fondateurs est un bon moyen de savoir exactement quel est leur mode de fonctionnement sur le terrain et s’il est compatible avec votre besoin. Vous pourriez être déçu(e) si vous le découvrez lors de votre premier board.

Soignez votre introduction.

N’oubliez pas que « l’on a jamais une seconde chance de faire une bonne première impression » et ceci est vrai aussi lorsque vous contactez des VC.

Les VC reçoivent des centaines de dossiers, votre seule chance pour attirer leur attention est de sortir du lot et ceci est encore plus vrai en ces temps-ci où seule la crème de la crème a droit à leurs égards. 

Si vous tombez à côté de la plaque dès la première sollicitation vous n’aurez aucune chance de passer le premier filtre et vous n’aurez probablement aucune réponse. 

Être introduit par un contact qui connaît bien le chargé d’affaires du fonds que vous visez est la meilleure porte d’entrée. Par exemple, des fondateurs que vous connaissez ont peut-être déjà levé auprès des mêmes fonds et peuvent vous les présenter ?

 

Lancez-vous lorsque vous êtes prêt à lever. 

Lorsque vous commencez à faire le tour des fonds, le temps joue en votre défaveur. Si vous démarrez trop tôt votre roadshow, les investisseurs vont avoir tendance à jouer la montre pour arriver à confirmer les chiffres que vous leur annoncez. Rester en contact avec quelques fonds avec lesquels vous avez eu un bon échange et donner régulièrement des nouvelles positives sur les avancées attendues est un bon moyen de garder les investisseurs intéressés jusqu’au jour où vous aurez atteint les minima requis. Faire le tour de toute la place avant ne vous fera pas gagner du temps au contraire. 

Le monde des VC est très petit, ils échangent entre eux sur leurs cibles d’investissement. Un peu comme au restaurant si personne ne fait la queue pour financer votre startup après plusieurs mois de road show cela envoie un signal négatif dans le microcosme des investisseurs. Au contraire, si un fonds majeur est prêt à investir cela envoie un signal positif au reste de la planète VC, votre dossier est validé comme « VC compatible » et cela attisera l’intérêt d’autres VC.

Soyez vigilant(e) sur les droits que vous consentez aux premiers BA et VC. 

Dans les premiers tours d’investissement, il est important d’essayer tant que possible de rester sur des conditions d’investissement de marché, simples avec le minimum de droits préférentiels consentis aux investisseurs. Gardez en tête qu’au fil des tours les droits accordés aux investisseurs ont tendance à se durcir. Plus vous démarrez haut et plus haute sera la marche pour les tours suivants.

Consentir trop de droits trop tôt peut rendre votre projet moins attractif pour les investisseurs suivants et vous fermer des portes par la suite. Il faut donc rester vigilants sur les conditions d’investissement proposées par les fonds dès la lettre d’intention (LOI) pour éviter de se retrouver coincés dans un accord déséquilibré et pouvant vous handicaper pour la suite.

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